La chose était bleue. Bleue marin. En fait, bleue marine. Quand c’est le marin qui est bleu, c’est qu’il n’est plus marin. Il marine, mais autrement… Mais bon, je m’égare.
La chose bleue se déplace de gauche à droite. Je pourrais vous dire la marque et l’année de la chose. Vous décrire ses vitres teintées. Mais ça ne changerait rien à l’histoire. Ce n’est pas parce que les publicités de la compagnie misent sur le gros bon sens que ça en donne à celle qui conduit...
Parce qu’il s’agissait d’une celle. Encore là, rien à voir avec le sexe. La chose qui s’est produite ce matin arrive souvent, et le sexe de la personne qui conduit n’y change rien.
Un con, c’est un con.
Une conne, c’est une conne.
Donc, il est 7 h 45. Mercredi matin. Juillet. Plusieurs voitures se dirigent vers le centre-ville par le boulevard de Portland. Tout va bien. Enfin, je le pense.
Puis, la chose bleue arrive. Me colle au derrière. M’énerve un brin, j’avoue.
Puis la chose bifurque à gauche. Me dépasse. Me coupe. Repart à gauche. Est ralentie par quelqu’un qui veut tourner à gauche. Elle revient à droite en coupant la voiture devant moi. Reprend à gauche dès que possible. Se faufile tant bien que mal jusqu’à la rue Montréal. La lumière est rouge. Tout le monde est arrêté. Tout doucement, j’arrive directement derrière. Ça valait bien le coup de s’énerver autant pour arriver à la même lumière, en même temps! La chose n’arrête pas complètement. Centimètre par centimètre, la chose empiète sur la ligne d’arrêt. Il est grandement temps que la lumière tourne au vert, la chose est sur le point d’être en dessous du lampadaire…elle ne verra plus le feu sous peu!
Et la chose bleue repart. Go! L’école primaire du bas de la rue Montréal est déserte en ce matin d’été. Heureusement, d’ailleurs, sinon, la chose aurait dû zigzaguer entre les choses vivantes qui vont à l’école… Ces petites choses vivantes qui vous ralentissent dans votre vie à vous, vous savez?!?
Quelques minutes plus tard, la chose s’immobilise à un autre feu rouge. Au centre-ville. Je suis toujours derrière. Et bien content d’y être. La chose bleue est arrêtée. La personne qui conduit parle au cellulaire en se regardant le make-up dans le rétroviseur. Voilà, du reste, la seule utilité qu'elle reconnait à son rétroviseur.
Cette personne ne sait pas que les clignotants existent. Jamais la chose n’a signifié ses intentions multiples de changer de voie. Rien à foutre. La personne est en mode je-me-moi. Point. L’essentiel, quoi…
Et là, à ce moment précis, j'imagine la conductrice de la chose bleue, le dimanche après-midi, en train de se dépêcher à relaxer en prenant une marche sur la promenade du Lac des Nations. Et elle gueule après les autres, là, celles et ceux qui ont des roulettes sous les pieds et qui l’empêchent de prendre toute la place…
Que dis-je, la place… Sa place. Sa place à elle! Celle qui est plus importante que tout le reste.
Forcément, elle réclamera un règlement de la ville pour limiter les roues.
Un autre r`glement dont elle se foutera complètement.
Vous êtes une pauvre conne, chose…
Clin d’œil du jour
La chose n’est pas unique. Il y en a des centaines à Sherbrooke.
09 juillet 2009
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