30 août 2009

Le brouillard

Dimanche matin.
Le 30 août 2009.
Il est 6 h 15.
Au bord de la rivière Magog, où je m’arrête deux minutes, il y a un voile au-dessus de l’eau.
Un brouillard blanchâtre. Comme si la rivière était en ébullition.
Le genre de brouillard qui se dissipera dès que le soleil prendra la place qui lui revient.
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En juin 2008, un brouillard s’est installé sur ma vie professionnelle. Comme c’est arrivé à bien d’autres avant moi, mon employeur m’a classé dans la liste des économies nécessaires.
C’est dans ce brouillard que je me suis réfugié, tentant de répondre à une grande question qui, elle en soulevait d’autres : l’économie que je représentais dans la masse salariale était-elle vraiment nécessaire? Était-ce pour assurer le profit de l’entreprise ou bien de s’assurer que l’entreprise fasse juste un peu plus de profit?
Je me rappelais tous ces discours, ces appels à la nation de la direction de l’entreprise. Le message était toujours le même : l’entreprise est en arrière sur ses chiffres. La situation est une catastrophe. Il faut réagir. Tout le monde est mis à contribution… Tout ça pour un actionnaire qui en demande plus. Toujours plus. Comme dans tant d’entreprises qui ne seront jamais assez rentables au goût des propriétaires.
Au cours de cette année passée, je me suis demandé quel était le modèle professionnel qui me convenait. J’ai eu à décider s’il valait la peine de déménager pour trouver un challenge ailleurs. Et, toujours, quelque chose me retenait. Le challenge que j’aurais trouvé dans les offres que j’avais équivalait nécessairement à devenir le mercenaire qui irait au combat pour un employeur en manque de profits plus grands.

Puis comme rien n’arrive pour rien, mon passage à la Fondation du CHUS m’a fait comprendre bien des trucs. Que mon ambition était à échelle humaine. Que je souhaitais sentir la portée de mes gestes. Que je voulais revenir à la gestion, mais dans une entreprise dont le succès ne se mesure pas qu’à sa quête de profits. Que je voulais sentir que je pouvais contribuer à faire une différence pour les gens de mon entourage.

Un samedi matin, je lis cette annonce dans le journal. Une offre d’emploi qui m’interpelle. Que je découpe, lis et relis. Quelques jours plus tard, je me suis lancé, avec ce sentiment que je ne faisais pas une vaine démarche.

La direction générale d’une coopérative m’apparaissait comme un défi de gestion intéressant. D’autant plus que, dans son domaine, elle est une des plus importantes au Québec. Et, en prime, cette possibilité de contribuer à faire une différence dans l’accompagnement des gens qui ont mal. Pour moi, le portrait était complet.

Quand on m’a offert le poste, j’ai senti que c’était la bonne chose qui m’arrivait. Et j’en suis très heureux.
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Demain matin, le soleil gagnera sur le brouillard qui plane depuis un an. Un soleil sous lequel j’entends faire ma place.

Dès demain matin, j’entre en poste comme directeur général de la Coopérative funéraire de l’Estrie. Le défi me rend fébrile.

Clin d’œil du jour
« Cher Kovalev. On s’apprête à te payer 5 M de dollars par année. Serait-ce trop te demander de faire un peu semblant d’être content ? » - le proprio des Sénateurs d’Ottawa…

1 commentaires:

Geneviève a dit…

Je te souhaite le meilleur mon ami. Pis j'envie toutes ces 85 personnes qui t'auront comme patron maintenant. J'espère qu'ils saisiront rapidement toute la chance qu'elles ont de t'avoir... Sinon, qu'ils me passent un coup de fil! hihi!