Tirer une ligne
Vous voilà inquiets. Les drogues dures sonnent à votre oreille comme perdition, défaite, misère…
La ligne dont je parle, c’est exactement celle-là. Celle qui est devenue une drogue dure, celle qui détruit la crédibilité, celle qui finit par semer la misère : la ligne de communication. Ligne de comm, dit-on dans le jargon.
La ligne de comm, je vous en ai parlé déjà, c’est cette phrase passe-partout qui est dictée par une firme spécialisée en communication et qui sert à déjouer, généralement, l’opinion publique et l’orienter vers un point souhaité. Le point que recherche celui qui l’utilise.
Le gouvernement de Jean Charest est un spécialiste de ces lignes.
Cette fois, et elle me fait sursauter chaque fois que je l’entends, c’est celle reliée au dernier budget provincial. Et elle est revenue deux ou trois fois cette semaine : « Le gouvernement fait sa part et assume 62% des compressions budgétaires. On demande au Québécois de faire le petit 38 % qui reste ».
Les ministres répètent ça à qui mieux mieux, en guise de réponse à toute question. « Le temps est nuageux, n’est-ce pas, Madame la ministre? » « Vous savez, notre gouvernement assume 62% de ces nuages, on fait notre part! »
Je badine, j’exagère, je caricature. Vous trouvez? Vraiment? Pas sûr…
Mon problème avec la ligne de comm du jour, c’est qu’elle est incroyablement sournoise. À la limite du vice. Le 68% d’effort du gouvernement, il est où? Dans nos poches. Nous sommes les seuls contributeurs du gouvernement. L’effort que le gouvernement n’hésitera pas à qualifier d’héroïque, de courageux et tout, eh! bien, cet effort, il se réalisera via des coupes budgétaires qui diminueront les services à la population. Et le gouvernement se vantera d’avoir assumé sa part?
C’est ça, une ligne de comm choquante.
Dans son discours d’ouverture du congrès libéral de week-end, Jean Charest s’est dit testé par Dieu. Il badinait, je sais bien, mais je me suis demandé si c’était là un test ou un rappel à l’ordre divin…
Un jour, il faudra tirer une ligne avec les boîtes de communication.
Mon amie qui pourrait être la vôtre
Mon amie a un problème de santé. Un cancer de la peau. Localisé, traitable. C’est son dermatologue qui a sonné l’alarme. Il lui a conseillé de faire analyser une petite plaie qui éveillait un soupçon… Dans le réseau public, une attente de quelques mois était envisagée. Au privé, quelques jours. Elle a donc payé. Quand on parle cancer, chaque jour compte pour intervenir adéquatement, se disait-elle. Elle a eu raison. Le test s’est avéré positif. Le système public l’a récupérée en mode urgence à la suite de ces résultats et a rapidement prévu l’intervention.
Et si elle avait attendu deux ou trois mois…?
Je reviens au budget Charest : je n'accepte pas qu'on touche ainsi à la base du système de santé sans en parler avant…
Clin d’œil du jour
Le test de Dieu sur le gouvernement Charest, c’est peut-être une claque derrière la tête donnée par la main de Dieu et articulée d’en haut par Claude Ryan…
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