26 juin 2010
Suivez-moi!
Je viens de débuter une chronique hebdomadaire (en ligne chaque lundi, en fait) sur le site http://www.estrieplus.com/
Pour le moment, cette adresse-ci est en dormance. On verra bien!
À bientôt!
17 avril 2010
Tirer une ligne et Mon amie qui pourrait être la vôtre...
Tirer une ligne
Vous voilà inquiets. Les drogues dures sonnent à votre oreille comme perdition, défaite, misère…
La ligne dont je parle, c’est exactement celle-là. Celle qui est devenue une drogue dure, celle qui détruit la crédibilité, celle qui finit par semer la misère : la ligne de communication. Ligne de comm, dit-on dans le jargon.
La ligne de comm, je vous en ai parlé déjà, c’est cette phrase passe-partout qui est dictée par une firme spécialisée en communication et qui sert à déjouer, généralement, l’opinion publique et l’orienter vers un point souhaité. Le point que recherche celui qui l’utilise.
Le gouvernement de Jean Charest est un spécialiste de ces lignes.
Cette fois, et elle me fait sursauter chaque fois que je l’entends, c’est celle reliée au dernier budget provincial. Et elle est revenue deux ou trois fois cette semaine : « Le gouvernement fait sa part et assume 62% des compressions budgétaires. On demande au Québécois de faire le petit 38 % qui reste ».
Les ministres répètent ça à qui mieux mieux, en guise de réponse à toute question. « Le temps est nuageux, n’est-ce pas, Madame la ministre? » « Vous savez, notre gouvernement assume 62% de ces nuages, on fait notre part! »
Je badine, j’exagère, je caricature. Vous trouvez? Vraiment? Pas sûr…
Mon problème avec la ligne de comm du jour, c’est qu’elle est incroyablement sournoise. À la limite du vice. Le 68% d’effort du gouvernement, il est où? Dans nos poches. Nous sommes les seuls contributeurs du gouvernement. L’effort que le gouvernement n’hésitera pas à qualifier d’héroïque, de courageux et tout, eh! bien, cet effort, il se réalisera via des coupes budgétaires qui diminueront les services à la population. Et le gouvernement se vantera d’avoir assumé sa part?
C’est ça, une ligne de comm choquante.
Dans son discours d’ouverture du congrès libéral de week-end, Jean Charest s’est dit testé par Dieu. Il badinait, je sais bien, mais je me suis demandé si c’était là un test ou un rappel à l’ordre divin…
Un jour, il faudra tirer une ligne avec les boîtes de communication.
Mon amie qui pourrait être la vôtre
Mon amie a un problème de santé. Un cancer de la peau. Localisé, traitable. C’est son dermatologue qui a sonné l’alarme. Il lui a conseillé de faire analyser une petite plaie qui éveillait un soupçon… Dans le réseau public, une attente de quelques mois était envisagée. Au privé, quelques jours. Elle a donc payé. Quand on parle cancer, chaque jour compte pour intervenir adéquatement, se disait-elle. Elle a eu raison. Le test s’est avéré positif. Le système public l’a récupérée en mode urgence à la suite de ces résultats et a rapidement prévu l’intervention.
Et si elle avait attendu deux ou trois mois…?
Je reviens au budget Charest : je n'accepte pas qu'on touche ainsi à la base du système de santé sans en parler avant…
Clin d’œil du jour
Le test de Dieu sur le gouvernement Charest, c’est peut-être une claque derrière la tête donnée par la main de Dieu et articulée d’en haut par Claude Ryan…
05 avril 2010
Le déserteur
Hier, j’écoutais la chanson de Serge Reggiani, Le déserteur. Il y écrit une lettre au Président de la République pour lui dire qu’il n’ira pas à la guerre. Je connais cette chanson presque par cœur. Hier, cependant, elle sonnait tellement juste! Tout y est. Le ton, le propos, tout.
J’écrirais, il me semble, ce matin, à Jean Charest. Pour moi, le budget déposé cette semaine ne passe pas. Et pas pour les motifs auxquels on pourrait penser en premier lieu. Je ne ferai pas faillite à cause des nouvelles taxes imposées. Je ne suis pas en colère pour quelques dollars. Et puis, non, Monsieur Bachand, je ne suis pas de ceux que vous pensez rejoindre quand vous vous prétendez être un sage dont la mission est de nous faire comprendre que la vie n’est pas gratuite. Je le sais bien que rien n’est gratuit. Votre leçon de morale 101, énoncée au nom de vos petits-enfants, était de trop dans votre discours.
Si j’écrivais à Monsieur Charest, mon ton serait triste, déçu. Désabusé, surtout. Et tout cela dépasse largement la colère.
La Révolution tranquille vécue dans les années 1960 avait laissé un héritage fondamental : le principe de solidarité sociale. C’est un principe tout simple qui fait que, collectivement, nous avions fait le pari que la société pouvait laisser de grandes libertés individuelles tout en s’assurant que personne n’était abandonné à lui-même.
On ne voulait pas d’une société égalitaire. Le genre de société où tous ont accès à la même richesse. On voulait d’une société équitable. Une société où il était possible de créer sa richesse matérielle personnelle, tout en assumant que le fait d’être plus riche justifiait bien de contribuer davantage à la collectivité.
Ce qui est égal n’est pas nécessairement équitable.
Vous brisez les reins de ce principe en imposant des frais égaux à tous pour le système de santé. Vous enlevez la serrure à la porte qui protégeait le principe du système de santé. Elle s’ouvrira maintenant plus facilement pour redéfinir la chose sur une base privée. Vous faites la même chose en touchant aux tarifs d’électricité comme vous le faites, épargnant au passage le secteur industriel, les plus grands consommateurs.
Vous envoyez le message que les grandes entreprises doivent être libérées du fardeau social pour prospérer. Pourtant, ces entreprises sont tributaires de leurs actionnaires qui, eux, n’ont pour objectif que d’augmenter leurs profits. Et cela se fait en coupant dans les dépenses. Donc, dans les emplois.
Faire le débat sur la façon de payer les services publics, c’est une chose. Provoquer le déclin de la notion de solidarité sociale en est une autre.
Ne vous demandez pas pourquoi les gens sont devenus des déserteurs face à la chose politique.
À moins qu’ils en profitent pour réagir…
Clin d’œil du jour
Jean Charest a réclamé le privilège de conduire la voiture. D’avoir les deux mains sur le volant. Avec ses conseillers, il a donc choisi un modèle qui lui convenait. Mais c’est quand même nous qui payons l’essence…
17 février 2010
Les Jeux Olympiques
Spectaculaire et tout.
Deux ou trois trucs me surprennent, quand même.
D'abord, il fait chaud et il n'y a pas de deige. Quand même contradictoire. Mais bon la planète suit le cours du temps et lui, il est influencé par nous. Difficile de chiâler...
Et les médias. S'il est un monde en mouvance, c'est bien celui des médias. Vous pouvez suivre, cette année, les Olympiques en temps réel sur un écran, dans votre poche, avoir accès à toutes les statistiques d'un athlète en temps réel tout en regardant sa performance, savoir ce qu'il a mangé pour souper et avec qui il couche... Une magie de l'information. Un miracle technologique ahurissant. Bref, c'est grand!
Ou vous pouvez regarder le tout sur V. (Comment perdre une érection en un rien de temps...)
Et il y a les attentes. Pas les attentes en ligne. Les attentes en lien avec le nombre de médailles d'or que remportera le Canada. On en veut, dit Harper, parce qu'on a mis beaucoup d'argent. Notre fierté suit la valeur du dollar. Et si on ne gagne pas assez de médailles? J'imagine qu'on retirera l'argent. Les attentes sont tellement hautes que nous ne sommes pas contents d'une médaille d'or, car c'est elle qu'on doit gagner. On se contente de dire que l'argent, c'est poche. Pourtant, c'est avec l'argent qu'on veut acheter l'or. Allez comprendre. On est loin de l'esprit sportif!
Si l'équipe de hockey du canada ne gagne pas l'or (alors que ses joueurs en sont couverts our jouer à l'année...), ce sera la crise. Si l'équipe gagne l'or, on ne dira pas Yé!, on dira Fiou!
Allez, bons jeux!
Clin d'oeil du jour
Vous trouvez qu'il n' a pas assez de français aux Olympiques de Vancouver? Il faut juste comprendre les organisateurs. Pour eux, un francophone, ça ne va pas aux Olympiques, ça va aux Paralympiques...
30 janvier 2010
Savoir aider..
Marc-André ne sait pas trop quoi faire dans la vie. Ce qui est clair, c'est qu'il veut aider. Pour l’instant, c’est le seul indice qui le guide dans sa recherche d’emploi. Comment s’y prendre, voilà qui est moins simple et évident.
Un bon jour, le téléphone sonne. Un ami lui offre de prendre un verre. Ils n’ont pas beaucoup d’options pour fixer le rendez-vous. L’ami de Marc-André reprend du service après-demain. Il est membre des Forces armées canadiennes. Marc-André ne saisit pas trop ses motivations, mais bon. Il a bien hâte de revoir son ami!
À la deuxième bière, la conversation bifurque vers le travail du soldat. L’ami de Marc-André avait été séduit par l’idée d’aider. Aider en temps de crise, de catastrophe. Dans les temps difficiles, il serait là, en première ligne. Prêt à agir pour aider, dépanner, défendre. Voilà ce qu’il recherchait tant dans depuis quelques années.
Son enthousiasme, cela dit, n’est pas complet. Il n’y a pas juste une ombre au tableau. C’est le tableau presque au complet qui est ombragé. L’aide directe, c’est bien. Mais le temps est plus souvent au combat qu’à l’aide elle-même. Quand on fait partie de l’armée, on ne choisit pas ses actions. On fait ce qu’on nous dit de faire. Le plan de match, c’est quelqu’un d’autre qui le dessine. Souvent, l’ami de Marc-André trouve ça dur. Injuste. Frustrant. Il ne saisit pas bien toutes les nuances dans les raisons des attaques auxquelles il doit participer. De toute façon, ce n’est pas son travail. Pas son rôle.
Lui, il était là pour secourir, aider. Exactement ce que souhaite Marc-André. Celui-ci réfléchit. Il est perplexe. Il fait l’accolade à son ami et rentre chez lui.
Il veut toujours aider et cherche un moyen.
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Depuis des années Pierre-Hugues veut aider. Il réussit fort bien. Plus ça va, plus il cherche de nouveaux moyens pour le faire. Cette fois, il devient sénateur. Il semble relativement heureux de la chose. Pourtant, à mes yeux, il n’y a pas qu’une ombre au tableau. C’est le tableau presqu’au complet qui est ombragé. Quand on est sénateur, on ne choisit pas toutes ses actions. On fait ce qu’on nous dit de faire. Le plan de match, c’est quelqu’un d’autre qui le dessine.
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Je souhaite à Marc-André bonne chance dans sa quête pour un travail aidant.
Et je ne peux pas me réjouir, ne serait-ce qu’un peu, de voir Pierre-Hugues s’engager dans le clan Harper.
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Clin d’œil du jour
Pierre-Hugues Boisvenu, Jacques Demers et Jean Lapointe. Le 4e trio du coach Harper…
25 janvier 2010
Télé-réalité
Moi, ce sont les hymnes que je retiens. Celui de Québec où le chanteur s'exclame, à la fin: "Y faut gagner cââââlisse". Assez réel...
Et celui de Montréal par Éric Lapointe. Après la saison du Canadien l'an dernier, que Montréal soit représenté par un gars qui vient d'arrêter de boire, c'est assez réel!
Clin d'oeil du jour...
Loco Locass a chanté, l'an dernier, un hymne pour les 100 ans du Canadien. "Gagner, on va gagner!" disaient-ils. Le tissu social de Montréal, c'est de la sainte flannelle, chantaient-ils. Hier soir, ils chantaient l'hymne de l'équipe de Québec... Un peu guidounes, peut-être, les petits Coco Cocass ?
24 janvier 2010
Omer…terra ?
La Ville de Sherbrooke, par le biais de l’organisme Cité des rivières, présente un concept de spectacle à grand déploiement, en plein, et au coeur de la gorge de la rivière Magog tout près de la St-François.
Avant d'aller plus loin, il faut savoir que tout citoyen qui émet une opinion sur un projet de Cité des rivières doit être courageux. Voire téméraire. Il y a une culture du si vous n’êtes complètement avec nous, vous êtes complètement contre nous dans l’histoire de l’organisme.
D’entrée de jeu, et pour calmer les esprits, je vous le dis : j’aime bien l’idée de ce spectacle. Je suis assez favorable au projet. Et j’ajouterais que je suis pour, et ce, malgré l’organisation!
Voìlà mon propos du jour.
Je me souviens bien de la première conférence de presse annonçant la naissance de Cité des rivières il y a plusieurs années. Un hôtel au coin de King ouest et Belvédère, une animation à couper le souffle, de l’eau et des effets spéciaux partout, un investissement de 85 millions de dollars et un potentiel de 500 000 visiteurs par année.
C’était quoi au juste? Sais pas. Mais il fallait faire confiance.
Tout ça m’est revenu à la mémoire lorsque j’ai lu le compte-rendu de La Tribune sur la plus récente conférence de presse sur le spectacle Omaterra. J’y ai repensé quand les organisateurs ont sollicité la confiance des citoyens en mettant en lumière les réalisations de l’organisme. Le Marché de la gare, le sentier autour du lac des Nations, la gorge de la Magog qui s’illumine et l’hôtel au coin King et Belvédère. Je concède de bon gré que les réalisations sont belles et bonnes. Mais ce sont essentiellement des valeurs ajoutées à la vie quotidienne des gens de Sherbrooke. Pas le projet qui devait attirer 500 000 visiteurs par année…
Ce qui est dérangeant, c’est cette attitude qui colle à l’organisation. Une attitude outrancièrement paternaliste qui s’appuie sur le message suivant : « Envers et contre tous, nous avons accouché de quelque chose de grandiose ». Le bébé est beau, je le répète, mais ce n’est pas le bébé qui était annoncé.
À l’automne dernier, Cité des rivières annonçait, en conférence de presse, le prix des billets de l’événement Omaterra. En comparant celui-ci avec celui des autres grands spectacles du genre au Québec. Pas un mot sur le spectacle. Juste le prix des billets. C’est drôle, mais j’aurais fait le contraire. J’aurais d’abord présenté, en temps et lieu, le contenu, puis j’aurais donné les prix. Le Centre culturel de l’université de Sherbrooke ne dévoile pas le prix des billets d'un spectacle en disant qu’on va nous annoncer plus tard le nom de l'artiste... Pire encore, après la sortie de Cité des rivières sur le coût de ces billets en comparaison avec les autres spectacles du genre présentés au Québec, on nous dit, cette fois, qu’il ne faut pas comparer le produit avec ce qui se fait ailleurs.
Honnêtement, je le répète, j’ai le goût d’embarquer. Je me dis que ça peut être assez fantastique. Mais, en même temps, j’ai ce sentiment que si ça ne marche pas, ce sera la faute de ceux qui ont posé des questions et que si ça marche, on nous dira avec arrogance qu’on a gagné alors que la planète entière était contre nous…
Je fais deux souhaits en ce début d’année. Le premier, applaudir un spectacle magique et populaire l’été prochain. Le deuxième, assister à un changement d’attitude qui fera que Omaterra ne sonne pas comme Omerta.
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Clin d’œil de la semaine
La terre a tremblé aussi chez Georges Laraque cette semaine.